Ascension en solitaire, en 1981, de la face nord du mont Assiniboine, une des plus belles montagnes Rocheuses.

La face nord d'Assiniboine

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Ascension en solitaire, en 1981, de la face nord du mont Assiniboine, une des plus belles montagnes Rocheuses.

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Un sac à dos, une belle journée ensoleillée et la beauté des alpages des Rocheuses. Un brin d'aventure, c'est croquer dans la vie comme dans cette pomme que je savoure!

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Le mont Assiniboine. La face nord se trouve sur la droite. La voie empruntée monte directement de la base jusqu'au sommet.

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Au petit matin, le lever de soleil fait découvrir mon ombre se profilant sur la paroi.

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Tout au sommet de la face, un regard vers le bas fait découvrir un gouffre quelque peu dissimulé dans les nuages.

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Ca y est, je me trouve sur le sommet. C'est le moment de la photo.

En juillet 1977 je fais mon premier voyage dans les Rocheuses Canadiennes. En 1980, j'y reviens mais passe en coup de vent, étant plus attiré par une autre montagne en Californie. Enfin, quatre ans plus tard, en 1981, je reviens dans l'ouest pour la troisième fois. Je passe d'abord la première partie de cet été dans le nord de l'Alberta, à travailler dans les plantations d'arbres. En juillet, je me retrouve à Banff.

Une montagne que j'avais trouvé particulièrement belle il y a quatre ans n'a pas quitté mon esprit depuis. On la surnomme le Cervin des Rocheuses puisque sa forme rappelle bien celle de cette classique montagne des Alpes. Mais elle se nomme en réalité Assiniboine, du nom de ces Indiens qu'on appelait les "Stone boiler". C'est une très belle montagne des Rocheuses puisque c'est une des rares qui présente un sommet effilé. Assiniboine est élancée tandis que la plupart des autres présentent des allures plutôt massives. Elle domine de beaucoup les montagnes avoisinantes et n'en parait alors que plus élevée. Un beau lac est posé à son pied, le lac Magog, au milieu d'un cirque rocheux qui est un véritable écrin. Au dessus, la pyramide d'Assiniboine pointe vers le ciel.

La première ascension eut lieu par le versant opposé au lac Magog. Cela donne un itinéraire d'ascension bien nébuleux puisque ce versant opposé est quasi-inconnu. L'arête nord-est, celle qui se profile au dessus du lac, démarre du pied de la montagne et se rend jusqu'au sommet sans interruption. Elle forme donc une voie logique et élégante qui fut escaladée pour la première fois en 1903. Enfin, juste à la droite de cette arête, s'étend la face nord. Celle-ci fut grimpée en 1967, par des alpinistes américains. La face est, la plus vertigineuse, fut la dernière escaladée.

Il y a quatre ans, au bord du lac Magog, je regardais ce magnifique sommet sans pouvoir aller y fouler le pied. Mais je gardais son souvenir et je conserverai intact le désir de l'escalader. Aujourd'hui, je me sens prêt. C'est mon été de revanche. Avant mon départ de Québec, j'ai préparé un sac contenant mon matériel d'escalade personnel. Mes parents ont eu la gentillesse de me l'envoyer à Calgary où je l'ai récupéré à l'aéroport. C'est maintenant le temps des vacances et c'est là que va se jouer la nouvelle partie.

Je choisis d'escalader la face nord. Ce sera double revanche de faire enfin ce sommet par une voie un peu plus difficile et surtout de faire son ascension seul. Et après tout, "Face nord" résonne bien à mes oreilles.

A la bibliothèque de Banff, je trouve une copie de l'article de l'American Alpine journal décrivant l'ascension de cette face nord. Ils ont mis deux jours. Ils étaient trois. Et on parle de passages de rocher en 5.7. Vu comme cela, c'est très impressionnant. Je ne peux croire que ce soit aussi difficile. La pente n'est pas si raide. Ils ont dû partir tard dans la journée. Enfin, je me sens plus optimiste. Et comme le bureau de la météo annonce une période de beau temps, il est temps de tenter la chance.

Matériel prêt, je prend l'autobus qui mène à la station de ski Sunshine village, laquelle est bien déserte en ce mois de juillet. De là, une marche de vingt-neuf kilomètres mène au lac Magog. C'est une longue approche que compense allègrement la beauté des alpages environnants. Ici, on peut marcher des heures voire une journée complète sans voir le moindre randonneur. C'est une quiétude que l'on ne retrouve guère en d'autres endroits plus faciles d'accès. Aussi, cette marche favorise le recueillement avant le véritable défi. Tout en marchant, je réfléchis à mon projet. Je me sens enthousiaste et confiant.

Le soir venu, je m'arrête au bord d'un petit lac et monte mon campement pour la nuit. La tâche est très simple puisqu'elle ne consiste qu'à laisser tomber mon sac à dos, déballer mon sac de couchage et me faire à manger. Je n'ai pas de tente. Il fait beau, l'air est bon. Ma montagne domine tout le paysage, même si elle se trouve encore bien loin. Sa blancheur est éclatante sous la lumière de cette belle soirée. Elle évoque la pureté. Il semble bien compréhensible que, sous d'autres cultures, ces hauts lieux puissent être tenus pour la demeure des Dieux. Bien repu, je m'endors en regardant les étoiles.

Le lendemain, le jour se lève encore sous un beau ciel bleu. Je continue ma randonnée et fais le tour du lac Magog pour me retrouver au socle de la montagne. Aujourd'hui, mon nouveau but consiste simplement à rejoindre le refuge Hind, qui se situe au pied d'Assiniboine. C'est demain matin seulement, très tôt dans la nuit que je prévois faire mon attaque.

Au bas du couloir de neige qui sectionne la grande paroi rocheuse entourant le lac Magog, je chausse mes bottes et crampons et sort mon piolet. L'ascension de ce couloir de neige est facile et me mène bientôt au refuge que je trouve désert. Je déballe mes affaires et commence à préparer mon matériel pour le lendemain. J'apporterai un seul petit sac à dos avec une gourde de thé, un peu de nourriture, mon appareil photo, une corde, un peu de sangle et quelques pitons. Les préparatifs sont faciles.

Dehors, je jette encore un oeil sur ma montagne et refais mon examen de la paroi. La face commence par un long couloir de neige caché qui semble facile. On atteint ensuite une vague épaule, lieu du bivouac des premiers ascensionnistes. La pente se redresse ensuite un peu et il faut traverser la bande de rochers rouges pour accéder ensuite aux pentes supérieures. Vers le sommet, les choses semblent se compliquer aussi un peu. De petits ressauts rocheux semblent interrompre la pente qui plus bas semble bien régulière. On verra bien. J'ai la crainte que l'escalade ne présente quelques difficultés cachées. Or, comme je ne bénéficierai d'aucune assurance, ma technique et ma confiance doivent être à leur niveau maximum. Le moindre déséquilibre entraînerait mon corps dans une chute de huit cent mètres.

Surprise, un autre grimpeur vient me rejoindre au refuge. Lui aussi arrive du lac et désire tenter l'ascension en solitaire. C'est un canadien anglais. L'arête nord-est l'intéresse. Nous parlons un peu de nos projets mutuels, mais l'idée de chacun faisant son escalade en solitaire invite moins à la discussion que si nous faisions cordée ensemble. Tôt, je me couche et m'endors dans un sommeil sans histoires.

Et mon réveil sonne. Je m'habille et prend une bouchée en vitesse avant le départ. Il me tarde de partir et de passer à l'attaque.

C'est ma première vraie course en montagne et je suis un peu nerveux. Frontale sur le casque, sac sur le dos, je descend la colline où se situe le refuge pour traverser ensuite un champ de neige. Il fait diablement noir, le ciel est rempli d'étoiles. Ma montagne se trouve devant. J'ai l'angoisse des difficultés que je rencontrerai sans doute dans mon escalade. C'est ce qu'on appelle la peur d'avoir peur.

Enfin, dans la noirceur, j'avance sûrement et tant que les choses vont bien, je fonce. J'arrive au premier couloir de neige qui entaille la montagne. Sa montée est facile. Les premières lueurs du jour commencent à poindre. La pente augmente légèrement mais le terrain reste très facile. Piolet dans une main, je remonte simplement cette longue pente de neige. Puis voilà, je suis déjà rendu à cette épaule du premier tiers de la paroi. C'est le lieu du bivouac de la première ascension. Ma progression se déroule bien. Je suis content.

Et le soleil se lève. Les sommets des montagnes avoisinantes se teignent d'un rouge sombre qui tourne lentement au rose puis à l'orange. C'est un spectacle féerique. Je commence à voir le refuge d'où je suis parti ce matin, déjà très loin en bas.

A partir d'ici, la pente augmente mais l'escalade reste néanmoins facile. Je monte, tant que les choses vont bien, on continue. L'escalade est facile. Je remonte en utilisant toutes les pointes de mes crampons. La neige est dure et bonne. Et voilà enfin cette fameuse bande de rochers rougeâtres. Encore là, les difficultés sont beaucoup plus faciles que prévues. De larges couloirs de neige entaillent ce mur en plusieurs endroits. Mais qu'est-ce que c'est que cette escalade de 5.7 dont mentionnent les premiers ascensionnistes? Peut-être les difficultés sont-elles plus loin?

J'attaque donc le dernier tiers de la paroi et mes chances de succès me paraissent des meilleures. C'est une partie excitante au possible. Le combat est agréable. Le vent commence à se lever, la matinée est déjà bien entamée. Les nuages arrivent à mon niveau, frappent la paroi et m'enveloppent dans une curieuse ambiance de ouate. Les choses restent ainsi pendant quelques minutes et le temps se dégage soudainement, révélant tout d'un coup un paysage que je domine de plus en plus.

Je m'approche donc du sommet. De petits ressauts compliquent les choses ici. Le marteau à glace dans une main, le piolet dans l'autre, je franchis deux petits ressauts de glace raides. Sur les pointes avant de mes crampons, je vois entre mes jambes les huit cent mètres de pente que je viens de monter avec facilité. Pour ces derniers quelques mètres, le terrain est plus aérien. Ici doivent donc se trouver les pas de 5.7 mentionnés.

Au sommet du deuxième, je remballe mon marteau et le piolet à la main, je surmonte quelques dernières marches pour arriver au sommet de la paroi. Cette face nord se termine en un apex bien effilé et élégant. Elle forme un véritable triangle et voilà que j'en suis maintenant au sommet. Il ne reste plus qu'une courte marche à faire sur l'arête faîtière pour arriver ensuite au véritable sommet. Je peux admirer l'effroyable précipice de la face est, rempli de corniches et plâtré de neige.

Sur l'arête sommitale, j'enfonce dans une belle neige pure et croûteuse jusqu'aux genoux. Il n'y a trace d'aucun grimpeur et tout semble aussi vierge que lors de la première ascension. Il vente fort. Il fait froid. Mes mains s'engourdissent dans mes moufles. Et voilà le sommet. Il n'est plus possible d'aller plus haut. De tous cotés, la vue porte extrêmement loin. Je domine toutes les autres montagnes sur des dizaines de kilomètres à la ronde. Mon sac posé, je déballe mon appareil photo pour quelques clichés. C'est plus fort que moi, mon visage n'est qu'un grand sourire. Je l'ai eu, ma montagne. C'est un vrai bonheur. Je passe quelques minutes ainsi à admirer la nature qui m'entoure et savourer ma réussite personnelle.

Mais je sais bien que l'histoire n'est pas terminée. Il faut maintenant penser à la descente. Je porte un regard vers le sud mais cette arête de la première ascension semble se perdre dans un abîme insondable. Je repense alors à mon itinéraire de montée. C'est lui que je choisis. Après tout, il est certainement le plus court pour revenir au refuge.

Je reviens sur mes pas et retrouve le sommet de la paroi. La désescalade des derniers passages est compliquée un peu. Enfin, je me retrouve au haut des deux petits ressauts de glace. Je déballe mon sac et déroule la corde pour poser un rappel. Dégrimper ces ressauts de glace m'inquiète. Faire une chute en cet endroit signifie descendre toute la paroi au complet. L'inconvénient est que le rocher est ici fort mauvais. Pourri, mal fissuré, il se prête mal à la pose d'un piton. Enfin, je réussi à poser une lame dans une fissure horizontale. Mais elle bute et refuse de s'enfoncer plus loin. Une cordelette passée autour supprimera la bras de levier. Je ne donnerais pas cher de ce piton s'il était posé dans une fissure verticale. Avec précaution, je me glisse sur le rappel et descend sans peine les deux ressauts de glace. Au pied, je remballe ma corde et remet mon sac sur le dos.

Les plus grands problèmes sont derrière moi. Il ne s'agit plus que de dégrimper la paroi. Face à celle-ci, en cramponnant sur les pointes avant, je perd de l'altitude assez rapidement. Puis je rejoins l'épaule rocheuse et commence la descente du grand couloir de neige. Lorsque la pente devient faible, je me laisse glisser sur les fesses dans la neige et j'aboutis à grande vitesse dans le champ de neige au pied de la montagne. Le rire de cette glissade s'arrête alors et laisse place à un grand sourire à la hauteur de ma réussite.

Moins de trente minutes plus tard, je suis revenu au refuge. L'après-midi commence à peine. Quel horaire. Les choses se sont passées beaucoup plus rapidement que prévu. Au beau soleil chaud, j'étend mes vêtements à faire sécher et je me fait à manger. Je me repose en véritable vacancier de fin de semaine, pieds nus sur les dalles de rocher chaud. Et dire qu'il y quelques heures, je me gelais les doigts sur le sommet.

Etendu sur le dos, j'admire ma paroi et refais en pensée mon chemin d'ascension. Tiens, à gauche, aux deux tiers de l'arête, je remarque le grimpeur anglais. Minuscule sur cette montagne, il monte lentement. Il atteindra lui aussi le sommet.

Et tiens, une autre surprise, un nouvel homme vient se mettre dans la partie. Quelqu'un, seul, arrive du lac Magog et semble venir vers le refuge. Ce doit être ce grimpeur japonais que j'ai vu au lac hier. Il vient probablement coucher ici pour tenter sa chance demain. Tiens, non, il se dirige vers la montagne directement. Sans doute veut-il faire une reconnaissance?

Pendant ce temps, mon premier grimpeur a fait son sommet et commence sa descente. Je peux l'apercevoir dans les derniers mètres de la face nord. Puis il décide de suivre mes traces de descente. C'est amusant de regarder ces minuscules êtres sur cette masse imposante d'Assiniboine. Ils semblent se déplacer si lentement. On dirait des fourmis.

L'anglais est maintenant rendu bas. Mais surprise, le japonais a bel et bien décidé d'attaquer pour de bon. Il s'est lancé à la poursuite de son sommet. La journée me semble déjà bien avancée. Au train lent où il progresse, il couchera certainement dans la montagne la nuit prochaine.

Et pendant ce temps, l'autre grimpeur revient au refuge. Je le félicite de son ascension. Il est heureux, lui aussi. Et il me rapporte une surprise. Il a trouvé le piton que j'ai posé et le pose sur la table du refuge en me disant l'avoir retiré à la main. Puis il ajoute: "Lucky guy." Ca ne me donne pas l'image d'un grimpeur bien brillant. La prochaine fois, je passerai plus de temps à chercher une bonne fissure. Mais je demeure convaincu qu'il était plus prudent de faire un rappel que de dégrimper comme lui a fait.

Enfin, nous prenons notre repas du soir en regardant notre collègue japonais qui termine son ascension. Le temps se gâte. Les nuages sombres s'amoncellent. Le japonais disparaît et rejoint sans doute le sommet. Au bout d'un moment, on le voit revenir et commencer la descente à son tour. L'orage approche. On entend le tonnerre. Dans les derniers pas difficiles de la paroi, la partie ne doit pas être drôle.

Puis la foudre tombe sur le sommet d'Assiniboine, à quelques soixante mètres au dessus de notre kamikaze. J'ai crainte pour lui. Mais il poursuit sa descente, lentement. La nuit tombe. Il bivouaquera dans la montagne. Je ferme la lumière du refuge et entame une bonne nuit de sommeil.

A deux ou trois heures du matin, je me fais réveiller par des coups sourds. C'est notre grimpeur qui est revenu de sa paroi. Il a l'air bien épuisé et éprouvé. Il ne parle pas anglais, mais je comprend sa fatigue et lui offre du thé et un peu à manger. Nous retournons ensuite nous coucher.

Le lendemain, nous bouclons tous trois nos sacs et revenons ensembles au lac Magog. De la rive du lac, les guides du parc ont regardé notre progression à la jumelle pendant la journée d'hier. Nous discutons de notre ascension.

Il fait bon et chaud. Dans les alpages, sur la rive du lac, j'admire ma montagne. il fait curieux la regarder ainsi, maintenant. Cette paroi qui me semblait si gigantesque a perdu un peu de son aura maintenant. Elle n'est pas si difficile que je ne le croyais. Je savoure encore mon escalade, couché dans l'herbe, la tête appuyée sur mon sac.

C'est seulement tard dans l'après-midi que j'envisage de prendre le chemin du retour. J'ai juste un peu moins de trente kilomètres de marche à faire pour revenir à Sunshine village. Mais je me sens en pleine forme et je replonge dans la douce rêverie de la marche en solitaire sur les sentiers des Rocheuses. La vallée des Rochers, la vallée Dorée, le col de la Citadelle me voient passer sans m'arrêter. Puis je retrouve les alpages avec la soirée qui s'éteint tranquillement.

Mais comme la nuit commence, un gigantesque orage s'abat encore. La pluie tombe à grosses gouttes pendant des heures et pénètre mes vêtements. D'abord les épaules, puis les bras, les cuisses, enfin je me retrouve bientôt trempé de partout jusqu'à la peau. La nuit est tout de même assez claire pour trouver le chemin et j'arrive finalement au centre de ski de Sunshine Village où je termine ma longue marche.

J'explique d'où je viens. De sympathiques travailleurs m'accueillent et me donnent ensuite une chambre pour la nuit. Je m'assèche et me glisse entre des draps propres. Dans le plus grand confort, je savoure cette belle aventure qui vient de se terminer. Et, fatigué, je sombre ensuite dans le plus profond sommeil.

 

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