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Marathon d'Amsterdam 2002 | ||||
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Accueil > Course à pied > Marathon d'Amsterdam 2002 Un de mes objectifs de 2002 était de parcourir un marathon en 3h30 et, pourquoi pas, en 3h25. C'est à Amsterdam, en octobre, que je pus enfin tenter de concrétiser mon désir. Objectif réussit? Il s'en est fallut de peu; une minute et demi de moins et ça y était. Ce marathon fut un réel plaisir.
Le suspense de mon entraînement de cet été 2002 tenait en deux questions. Avec 3h47 à Québec en août 2001, 3h51 à Paris en avril 2002, combien me faudra t'il pour boucler mon troisième marathon? L'autre question, plus prosaïque, était de savoir, étant donné mes horaires de travail particuliers, où et quand j'aurais enfin la chance de le faire, ce troisième marathon. C'est en début octobre que mon choix put enfin se fixer sur celui d'Amsterdam, prévu le 20 du mois. Bien plat, le trajet démarre à quelques 5 ou 6 kilomètres du centre-ville, au coeur même du stade olympique, construit pour l'occasion des jeux de 1928. En ce sens, le trajet a aussi saveur vénérable puisqu'il suit étroitement le marathon des Olympiques d'alors. Mais il a bien autre chose également. Depuis le stade, il boucle d'abord, dans le sens anti-horaire, un long rectangle qui nous fait revenir, après un premier 7 kilomètres et la traversée d'un grand parc, tout près du point de départ. La deuxième boucle, longue des 35 kilomètres restants, commence par une échappée hors de la ville, en campagne, le long de la rive ouest de la rivière Amstel. Lorsqu'un pont nous permet enfin de l'enjamber, nous redescendons l'Amstel pour revenir vers le coeur d'Amsterdam. Là, quelques détours entre des pâtés de maisons aux corniches en dentelles donnent l'impression de courir dans un décor géant de poupées. Mais le charme de la ville ne s'arrête pas là. D'un pâté de maisons à l'autre, enjamber canal après canal vous fait aussi bien comprendre pourquoi on appelle Amsterdam la "Venise du nord". Je connaissais Amsterdam mais constate encore une fois combien un marathon est une façon unique de redécouvrir une ville. 11h00, le dimanche 20. Le temps est frais, les nuages se dispersent. Nous devons être quelque six milles coureurs au coeur du stade, serrés les uns contre les autres, impatients de prendre enfin le départ. Autour, Hollandais, Belges, Allemands, Français, se racontent en leur langue respective l'énervement qui les habite. En prime de l'excitation du marathon l'ambiance prévalant me transmet la délicieuse folie du voyage et de la découverte. Et puis, paf! c'est le départ! Coureurs et spectateurs venus les encourager font monter du stade une clameur à la mesure de la fébrilité du moment. Le coeur me serre de plaisir. C'est, étant donné la souffrance qu'on aura à combattre dans quelques heures, un bien paradoxal plaisir que celui de ces départs. Il se comprend néanmoins. Je suis heureux d'être ici. J'ai couru un été complet pour m'y trouver. Mon plan, réfléchit depuis longtemps, est simple. J'espère un raisonnable premier semi de 1h45 pour terminer avec un temps de 3h25 ou 3h30. L'expérience et l'entraînement me permettront, j'espère bien, de couvrir la seconde moitié légèrement plus rapidement. Ainsi mon premier objectif consiste à m'ajuster au rythme de cinq minutes au kilomètre le plus rapidement possible. Premier kilomètre et, oups, mon chrono montre 5 minutes 34. Il faut bien payer le prix de ces embouteillages du départ. Puis kilomètres deux, et trois. Un bref regard à ma montre confirme que je suis cette fois bien lancé. Il s'agit simplement de conserver le rythme, de m'endormir sur cette lancée pour laisser mes jambes faire leur travail en paix. Ce détachement permet à la tête, toute seule en haut, d'admirer la ville. Traverser sous une arche du Rijkmuseum nous fait déboucher devant un canal. Peu après, nous entrons dans le Vondel park. L'organisation n'a pas oublié l'animation musicale; quelques gigantesques boîtes à musique font entendre leurs mélodies. On se croirait là dans des carrousels. Cela change un peu des rythmes endiablés des tambours au marathon de Paris. L'ambiance, un peu plus froide, semble trahir la fraîcheur relative de l'Europe du nord. En apparence. Ça et là, des gens que je soupçonne avoir repéré de listes d'inscriptions ce numéro 2642 que je porte semblent échapper en néerlandais un : "Allez Martineau!" qui me réchauffe le coeur comme jamais. La première boucle est terminée. Au kilomètre dix, mon chrono marque environ 49 minutes. Jusqu'à maintenant, tout va comme prévu. Nous remontons ensuite une longue allée bordée d'arbres qui rappellent la tour penchée de Pise. Tous inclinés de la même façon, dans la même direction, ils témoignent de la force des vents dans la région. Peu après, contourner un moulin à vent nous amène sur la rive de la rivière Amstel. Comparativement aux premiers kilomètres, ici, c'est véritablement la campagne. Sur le canal, des avironneurs s'entraînent tandis que des groupes de canards semblent vouloir les suivre. Sur la rive, nous passons de modestes maisons, de petites fermes et des moulins à vents. Et sur la rive opposée de la rivière, l'élite a déjà passé le semi-marathon et nous croise. Enfin, un petit pont permet de franchir la rivière. Nous courons maintenant sur une digue. En effet, chose surprenante pour qui n'est pas habitué à la Hollande, la rivière est plus élevée que les terres de sa rive droite. Je passe mon semi-marathon en 1h43. Tout se passe toujours comme prévu. Les dix kilomètres suivants nous ramènent en ville. C'est à ce moment que doit sans doute se jouer le point tournant de mon marathon. Alors que j'espère gagner en vitesse, il me semble au contraire perdre un peu de terrain. Ainsi, je franchis le 30 ième kilomètre en 2h30 environ alors que j'espérais un 2h27. Ca ne fait rien. Je tiendrai bon. Le trente-quatrième nous voit tous revenus en plein centre-ville. La gare centrale se trouve devant. Quel dommage d'éprouver autant de fatigue et de ne pouvoir savourer l'architecture environnante. Le trente-cinquième doit aussi m'être un autre point tournant. Ainsi, le groupe des trois heures trente, que j'avais lentement remonté et dépassé peu avant le semi, me remonte à son tour et me dépasse lentement. Enfin, nous revenons dans le parc Vondel. La fatigue me terrasse. La faim aussi, ce qui est certainement une erreur de calcul de ma part. En effet, le départ tardif et l'absence de nourriture sur le parcours font en sorte qu'en cette fin de course, l'estomac me traîne aux talons. Plus que deux kilomètres. Le bilan sera un inévitable 3h31 ou 3h32. Mais ah! La partie n'est pas terminée. Ces derniers mètres, il faut bien les parcourir encore. Allez, Gaétan, un dernier effort. Le stade approche. J'y entre. Plus qu'un demi-tour de piste et c'est ensuite l'arrivée. Arrivée! J'aurai fait 3h31m19s. Quel plaisir de s'arrêter enfin et de reposer ce corps auquel on a bien demandé. Et boire, puis manger. Quel plaisir encore. Et, ma foi, je suis bien satisfait de ma course. Après tout, j'ai bien amélioré mon temps de seize minutes. Réussirai-je à faire aussi bien la prochaine fois? Ah, ces marathons. Le suspense de l'un terminé, celui du suivant commence déjà... | ||||
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