Une nouvelle participation au marathon de Québec en tant que lièvre des 4h15 plus un supplément pour un ultra-marathon de 61 km.

Marathon Québec 2005

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Une nouvelle participation au marathon de Québec en tant que lièvre des 4h15 plus un supplément pour un ultra-marathon de 61 km.

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Entrainement sur le trajet séparant Charny du lac Sept-Iles. Il aurait pu faire 61 kilomètres. Mais avec ce carrefour malheureusement raté à Saint-Augustin, j'ai dû le rallonger de quatre ou cinq kilomètres.

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Tout près de la ligne de départ, peu avant le coup de départ, les lièvres du marathon de Québec se rassemblent. Portant chacun noter couleur de ballon et vêtus de l'uniforme du club, nous formons une bonne équipe.

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C'est parti. Dans un marathon, les premiers kilomètres ne sont pas nécessairement les plus faciles. Il s'agit de trouver le bon rythme le plus tôt possible et de réchauffer un corps pas tout à fait "réveillé".

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Dans les premiers kilomètres, sur les hauteurs de Lévis.

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Le trajet terminé, c'est le bonheur. L'objectif est atteint. Le corps a bien répondu à la demande et ne semble pas touché outre mesure.

Après trois mois sans entrainement, à la mi-juin j'ai pu enfin reprendre la course à pied avec mon très cher club "La Foulée". Un peu découragé devant la perte de forme, je suis cependant demeuré optimiste et ai visé de couvrir à la fin de l'été un ultra-marathon de quelque 61 kilomètres. Je désirais courir les 42,2 kilomètres du marathon de Québec et revenir ensuite à la maison pour ce total de 61 kilomètres. Modeste sur la vitesse, je tente ainsi de jouer la carte de l'endurance.

L'affaire a faillit tourner court puisqu'en début août, après 390 kilomètres d'entrainement, le retour au travail, en Indonésie, cette fois, a sonné. J'ai alors avancé la date prévue de mon ultra-marathon et ai couvert en quelque sept heures trente les 65 kilomètres séparant Charny du Lac Sept-Iles. Malheureusement, j'ai raté un carrefour sur le parcours et ai ainsi dû me rallonger de 4 ou 5 kilomètres. Le temps était chaud et en ce samedi ensoleillé, la circulation routière était relativement intense. Il aura fallut quelque trois ou quatre remplissages de mon sac de 2 litres d'eau pour arriver au terme du périple, au bout de quelque 7h30. Un peu fatigué de ma journée, je suis cependant demeuré bien satisfait de ma forme et la conclusion fut très bonne.

Les jours suivants arrivera une surprise. Le retour prévu au travail n'aura finalement pas lieu de telle sorte que j'ai tout loisir de faire l'ultra-marathon prévu de toutes façons (youpi!).

Comme la forme du premier ultra a bien tenu, l'ambition se pointe et plusieurs possibilités intéressantes se présentent; faire le marathon en aller retour, pour un total de 84 kilomètres. Ou encore, pourquoi pas, faire un 100 kilomètres ? Bon finalement, je m'en tiendrai sagement au plus modeste projet original; faire le même ultra-marathon de façon à ne pas solliciter le corps de façon exagérée. Je courrai donc le marathon de Québec en 4h15 et reviendrai ensuite à la maison pour un total de 61 kilomètres, ce qui reste tout de même une longue course, un bon entrainement pour qui sait, peut-être un cent kilomètres l'an prochain...

C'est en tant que lièvre de 4h15 que je couvre le marathon encore cette année. L'expérience fut si intéressante l'an dernier et il est tout aussi intéressant, il me semble, d'aider les autres à parvenir à réaliser leur objectif que de faire un record personnel. Je me retrouve donc avec les autres lièvres par un beau matin frais et gris sur la ligne de départ à Lévis.

Le départ sonné, le petit trac s'efface comme j'essaie de parvenir à ce rythme régulier de 6 minutes 3 secondes au kilomètre. Trait particulier au marathon de Québec, une descente au kilomètre 12 fait embrasser du regard les 30 kilomètres restant à parcourir. Quelque 15 kilomètres devant, le majestueux pont de Québec se profile comme le sommet d'une montagne qu'il faille atteindre avant de redescendre le long boulevard Champlain pour arriver au port. Rares sont les marathons qui offrent pareille vue sur le reste du parcours.

De plus, après avoir couvert ceux de Paris, Amsterdam, Ottawa, Montréal et Toronto, je puis dire que la marathon de Québec est réellement bien organisé. Les ravitaillements sur le parcours sont de réels points de ressourcement pour le corps; non seulement trouve t'on les Gatorade et eau habituels, mais encore se trouve t'il en certains endroits clés oranges, bananes, vaseline pour frictionner aisselles et aines endolories et éponges pour essuyer l'excédent de sueur au visage. Comme coureur, on est ici vraiment aux petits soins.

Notre petit groupe des 4h15 file régulièrement. Et il a bon moral. L'un raconte des blagues, une française raconte des anecdotes de son voyage au Québec et d'autres lui demandent quelques informations sur la France. On se croirait à un pique-nique, ma foi. Par rapport à l'an dernier, la pluie est de la partie mais non le vent. C'est une sacré bonne chose, cette petite pluie offrant le bénéfice d'un léger rafrachissement qui garde une bonne vigueur au corps.

Je suis surpris par la discipline de mon petit groupe. Tout le monde remonte lentement et sagement les côtes précédant le pont de Québec. On parle, on rit et l'on s'encourage. Tout le monde semble suivre mes quelques conseils religieusement. C'est tout de même là un aspect intéressant de la tâche de lièvre; chacun compte et mise sur vous afin de bien terminer sa course. En tant que lièvres, nous nous sentons ainsi utiles et même précieux pour nos coureurs.

La descente vers le boulevard Champlain nous voit toujours sagement unis, fendant l'air en peloton bien serré pour nous faciliter la progression. Un vrai esprit d'équipe.

Vers le kilomètre 35, le lâcher se produit graduellement. Quelques coureurs quittent le groupe. L'une s'offre le luxe de prendre les devant et de grignoter sans cesse quelques secondes sur notre passage. Va t'elle tenir? Ma foi, il semble bien que oui. Dans la petite boucle de la gare Champlain, je la croise et l'encourage: "Oui, vas-y! Tiens bon et tu vas battre le 4h15!". Radieux, son visage s'illumine d'un sourire malgré l'effort. Et ma foi, le mien doit bien s'illuminer aussi.

D'autres, plus fatigués, ralentissent et parcourent à leur rythme la courte portion restante. Le plus gros étant fait, ils termineront immanquablement dans des temps bien respectables. Quelque six coureurs me suivent jusqu'à la toute fin. L'un se signale à bout de forces. Néanmoins, dans les derniers cents mètres, tous donnent tout ce qu'ils peuvent, accélèrent l'allure un peu et me dépassent ainsi allègrement. L'un me remercie des conseils et encouragements avant de filer vers la ligne. Voilà tout un plaisir pour un lièvre; voir ses coureurs le coiffer à la toute fin! C'est cela, allez-vous en, vous n'avez plus besoin de moi maintenant!

Enfin, je termine ainsi le marathon à 4h14m54s. A six secondes de mon temps prévu. Presque dans le mille. C'est trois secondes plus tôt que l'an dernier. Je me demande si je ne me suis pas laissé un peu emporté aussi par mes gaillards sur les derniers deux cent mètres... Enfin, le moment en est un de bonheur.

Peu après la ligne d'arrivée, je prends un bon gouter composé de yogourt, bagel, café chaud, eau, boisson, fruits et noix. Il n'y a pas à dire, au marathon de Québec, comme coureur on est bien servis.

Enfin, quelque quinze minutes plus tard, je reprends le chemin du retour. Quelques 19 kilomètres me séparent de la maison. Je cours à ryhtme lent, sans le stress de devoir vérifier ma montre à chaque kilomètre, en encourageant les plus rares derniers coureurs que je croise. Certains semblent épuisés mais gardent le sourire tout de même. Ce doit être difficile pour le moral pour d'autres qui devaient visiblement s'attendre à plus facile.

Par chance, j'ai pour moi tout seul les douze kilomètres du boulevard Champlain, la voie étant en cette heure toujours fermée à la circulation. Sur le fleuve, Alain, un ami de notre marina, fait des bordées à bord de son voilier. De mon coté, l'esprit dans le vague, je rêve de voile et d'autres marathons. Alain passe sous le pont de Québec tandis que là-haut je met enfin le pied sur le tablier. Je traverse le pont de Québec, puis la ville de Charny pour arriver finalement chez moi, quelque peu fatigué, mais ô combien satisfait de ma journée.

Je lirai ensuite les résultats de la course sur internet. Tous les lièvres ont terminé dans leur temps alloués., la plupart ayant terminé à moins de trente secondes de leur temps alloué. A remarquer, Yannick a terminé à deux centièmes de secondes de son temps prévu. Ce robot doit avoir un chronomètre dans la tête! C'est fameux. Les choses avaient été ardues l'an dernier, alors que plusieurs avaient été touchés par les blessures. Un marathon restera toujours un suspense et s'il n'y avait pas le risque de l'échec, il n'y aurait pas non plus la joie de la réussite.

Premier du marathon; Richard Tessier, en 2h29m37s. Première, Nathalie Goyer, en 2h59. Certains collègues du club terminent avec des résultats plus que respectables. Tout cela me fait déjà rêver au prochain...

 

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