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Marathon de Toronto 2004 | |||
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Accueil > Course à pied > Marathon de Toronto 2004 26 Septembre. C'est le Waterfront marathon de Toronto et également mon quatrième marathon de 2004.
Le hasard fait parfois bien les choses. Après s'être fait forçé un peu, il est vrai, il m'emmènera en premier lieu à Toronto pour cette fin de semaine avant mon retour au travail et me fera ainsi profiter d'un quatrième marathon en cette année 2004. En second lieu, presque en plein centre ville de la ville reine, il me fait aussi tomber pile devant des amis de mon club de course à pied La Foulée. C'est ainsi que Michel, Lise, Richard et moi nous donnons rendez-vous au départ du marathon que nous avons tous prévu de courir le lendemain matin. De plus, heureuse perspective, le temps promet d'être radieux. Mais ce bon sang de hasard, on dirait qu'il ne faut jamais trop le forcer. Ainsi, au départ, je ne retrouve aucune de mes connaissances. Si Lise et Richard avaient bien prévu profiter du départ avancé de 06h15, Michel m'avait en revanche dit se retrouver près du meneur de rythme des quatre heures au départ normal de 7h15 et j'aurais bien dû le trouver. Peine perdue. Arrivé un peu à la dernière minute, je n'ai retrouvé ni Michel, ni le fameux lièvre à la ligne de départ parmi les quelques 1500 participants. Enfin, me dis-je, au moins, j'ai trouvé la ligne de départ... Le coup de départ est donné. En cette heure matinale d'un dimanche matin ensoleillé, les avenues du quartier des affaires se sont libérées de leurs automobiles au profit des marathoniens et la forêt des buildings semble s'être parée d'un air inhabituellement pur. Comme si la nature avait décidé d'envahir la ville pour une fois. Et c'est parti, l'aventure commence. Bon, quand je dis aventure, il me faut le dire avec recul. Avant toute chose, je désire terminer cette course avec de bonnes forces en réserve et c'est pourquoi j'ai visé un quatre heures, ce qui est pour moi relativement conservateur. D'ailleurs, si Michel et moi avions eu idée de faire équipe, c'est parce que lui aussi désirait aborder le défi sans trop s'énerver. Et quel que soit l'objectif visé, la sagesse dicte qu'il ne faille jamais prendre un marathon à la légère. Imprévu, blessures ou changement de conditions peuvent survenir au rendez-vous. Comme le hasard, l'aventure sait bien, elle aussi, se manifester au moment où l'on s'y attend le moins. Après quelque vingt ou trente minutes de course, j'ai beau regarder devant, derrière, toujours pas de Michel en vue. Et là, partis plus tôt, Lise et Richard me croisent au retour d'une boucle et m'annoncent la présence de Michel devant moi. Ah, bon! J'accélère donc le rythme un peu. Si lui vise aussi quatre heures, en accélérant, je devrais bien le rencontrer bientôt. Je cours. Je cours. Kilomètre 8. Les ravitaillements se suivent. "Water!", "Water!...", "Gatorade!". Kilomètre 9. Nous faisons ici demi-tour. Tiens donc, la tour du CN, pourtant si majestueuse vue de la ligne départ, nous semble d'ici presque petite. Kilomètre 10, 11. Là, les tambours résonnent, me font battre le coeur et m'habillent le visage d'un sourire. Exaltant. Vive l'effort et le suspense, me dis-je. Je ne veux pas être ailleurs au monde. Vivre ses rêves, ça n'a pas de prix, comme on dit. Kilomètre 12, 13, 14... Ma parole, toujours pas de Michel. Pourtant, les kilomètres passent les uns après les autres et mon chrono marque à peine plus de 5 minutes à chaque borne. Bon sang, à peine un peu plus rapide et je me dirigerais vers un record personnel. Je ne prévoyais pas jouer la partie de cette façon. Enfin, c'est vers le kilomètre 16 ou 17 que je reconnais enfin Michel loin devant moi. Je le remonte lentement et au moment où je m'apprête enfin à le rejoindre, il se permet le luxe d'un petit arrêt aux cabinets d'aisance en bord de trajet. Ce sera ainsi lui qui me rattrapera quelques minutes plus tard. Mieux vaut tard que jamais, comme on dit. Nous courons côte-à-côte quelques minutes, le temps de partager le plaisir du défi que nous vivons et de prendre quelques photos. Après cela, je le laisse filer devant. Manifestement, son idée de courir le marathon en quatre heures, il a dû la jetter dans une poubelle dès le premier ravitaillement croisé. A mon avis, ce gars là s'envole vers un trois heures trente. Kilomètre 25. Je croise un grand bonhomme aux cheveux blancs, visiblement très rapide et aussi figure apparemment connue du marathon de Toronto. C'est Ed Whitlock. Bon sang, quel sacré gaillard. A 73 ans, le type se permettra d'améliorer encore son temps pour terminer cette fois avec un 2h54. Bel exemple pour se motiver. Bon, je ne vais pas aussi vite, mais mon affaire tourne bien; à vue de nez, je me dirige vers un trois heures quarante. Tout va bien. Le trajet est très plat, la température juste correcte et ma forme tient la route. Il s'agit simplement de tenir le rythme. Ce serait quand même dommage, après avoir couvert cette distance, de reprendre le rythme conservateur de 6 minutes au kilomètre. Km 30, km 32... La fatigue va venir, c'est sûr. Km 34, km 36. Mais je conserve mon rythme. Et comme je me dis souvent, il n'y a guère plus qu'à laisser la machine travailler en paix et attendre. Km 38, 39. Et là, c'est Lise que je rejoins et croise comme nous passons un poste de ravitaillement. Enfin, peu après le kilomètre 41, je rejoins Richard. Et là, je relâche la tension d'un petit soupçon pour couvrir avec lui les derniers mètres et prendre quelques photos souvenirs. Enfin, le dernier détour nous jette dans une longue ligne droite de bonheur au terme de laquelle est écrit en grosses lettres "Finish". Richard se paie le luxe d'accélérer encore. Ma parole, il a de bonnes réserves! J'ai l'honneur de le côtoyer terminant son premier marathon. Le moment est mémorable dans la vie d'un courreur. Il a d'ailleurs l'air vraiment heureux de son affaire et lève les bras au ciel. Plus que quelques secondes! Je l'imite et nous croisons ainsi la ligne d'arrivée en même temps. Dès lors, tout n'est plus que félicitations mutuelles. Nous retrouvons aussi Michel. Puis Lise nous rejoint aussi pour partager à quatre les moments inoubliables de cette matinée. Michel aura terminé en 3h28, soit la bagatelle de 32 minutes de moins que ce qu'il m'annonçait au départ. J'aurai pour ma part bouclé un 3h37. Quelques heures plus tard, du hublot de l'avion qui me ramène au travail pour le lendemain, et à quelques trois ou quatre mille pieds d'altitude, mon regard s'offre le luxe de pouvoir embrasser en un seul coup d'oeil le trajet parcouru le matin. Un ruban de lampadaires révèle cette longue avenue que nous avons parcourue dans les deux sens au bord du lac Ontario. Puis là, la tour du CN. Tout ça est déjà loin derrière, dirait-on. Mais en y pensant un peu, c'est comme si l'on se retrouvait une nouvelle fois sur le parcours. | |||
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