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Premier départ pour l'Inde | |||||
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Accueil > Ecrits > Premier départ pour l'Inde Mes impressions lors de ma toute première arrivée en ce pays, en mars 2000.
Si le jour précédent mon départ pour le travail fut pluvieux et morne, il n'en reste pas moins que Chantal et moi en avons fait un véritable jour de romantisme. Je ne sais trop comment nous réussissons à chaque fois cet exploit, mais toujours est-il que ces veilles de départ, finalement, sont à chaque fois fête de l'amour plutôt que jour de tristesse. Nous avons d'abord passé un moment en tête-à-tête avant de nous retrouver bras dessous, bras dessous, à arpenter le long de la rue Saint-Jean, au coeur de la ville de Québec. Après avoir flâné devant quelques vitrines, nous avons bouquiné un long moment dans une librairie. Et puis, en fin d'après-midi, à demi-fatigués de notre promenade, nous sommes passés à notre restaurant préféré. Là, nous avons longuement savouré un excellent repas. Quelques heures plus tard, apres moult discussions, nous sommes revenus à la maison. Je n'en dirai pas plus. Le lendemain après-midi, Chantal, Valérie et François sont venus me mener à l'aéroport. Ce fut l'au-revoir. Après un premier saut de puce, je retrouvai d'abord l'aéroport de Dorval, tout aussi bondé que d'habitude. Une brève période d'attente me permis de trouver un autre livre intéressant dans une librairie. Il me rassure de pouvoir ainsi faire le plein de livres à lire pour un séjour qui s'annonce. Et puis je me suis ensuite retrouv dans l'avion qui m'a amené vers Bruxelles, première étape de mon voyage. Le vol fut sans histoires. Parvenu à cette destination, nouveau en cette place, j'ai rapidement fait un tour de l'aéroport avant d'aller m'écraser sur un banc pour faire la sieste. Ma montre m'a ainsi réveillé quelque chose comme une heure plus tard, au moment d'aller prendre le deuxième vol long-courrier qui m'amènera cette fois à Chennai, l'ancien Madras, sur la côte est de l'Inde. J'ai été agréablement surpris, en ce nouveau vol, de constater qu'une place m'avait été réservée dans la section affaires. Bien plus confortablement installé qu'au vol précédent, je n'ai pu m'empêcher de m'endormir profondément dès le départ, en ayant toutefois eu le temps de savourer auparavant une petite coupe de champagne, il est vrai. Après quelques huit heures de vol, enfin, nous sommes descendus sur l'aéroport de Chennai. Comme à chaque arrivée dans une zone tropicale, ce qui frappe d'abord, c'est ce mur d'air chaud qu'on a l'impression de pénétrer dès la sortie de l'avion. Ensuite, on pénètre dans le terminal pour passer à la douane. Les formalités ne sont ici pas trop complexes. Et puis, enfin je retrouve mes bagages. Bonne affaire. Je ne me sens jamais si tranquille qu'au moment où j'aperçois mon sac à dos rouler sur le caroussel à bagages, confirmant que lui et moi avons bel et bien emprunté les mêmes avions. Il ne reste plus qu'à sortir de l'aéroport et retrouver cette personne qui doit, j'espère, m'attendre. Franchir la porte de sortie m'amène dans un couloir de personnes qui me dévisagent longuement, l'air de se demander si celui qu'ils attendent n'est pas loin derrière. Il se trouve des tas de gens. Des jeunes filles, des mamans, des grand-mamans, toutes femmes habillées de leur sari dont aucun ne semble pareil à un autre, tant en couleurs qu'en motifs. Et puis des hommes, tantôt en simple pantalons de toile, tantôt, dirais-je, en longyi, parce que j'ignore le nom réel de leur habillement et qu'il me rapelle le longyi des birmans. Au milieu de tous ces visages disparates qui n'ont que pour seul point commun leur teint basané, je retrouve un type qui porte une petite affiche CGG sur laquelle est écrit mon nom. Voilà, c'est tout simple, j'ai trouvé mon contact et je n'ai qu'à lui faire un léger signe de la main pour confirmer mon arrivée. Le bonhomme n'a pas l'air de parler anglais. Peu importe, je n'ai plus qu'à me laisser diriger. Il se charge de mon sac à dos et me montre le chemin. Un autre s'interpose pour s'offrir à porter mes bagages. Il insiste et s'entête à nous suivre tous les deux jusqu'à la voiture, une minuscule fourgonnette. Lorsque vient le temps de relever le capot pour embarquer les paquets ce type insiste pour qu'on lui donne l'aumône. Une sorte d'engueulade gentille s'ensuit, au ton duquel j'imagine que mon chauffeur envoit l'autre joyeusement promener. Quant à dire quels termes furent employés pour ce faire, je n'en ai vraiment aucune idée. Je me suis ensuite simplement esquivé pour aller rejoindre ma place de passager. Tiens, tiens, il se trouve un volant devant mon siège. Simple oubli. C'est vrai, en Inde, on roule à gauche. Je vais prendre place de l'autre coté. Des tas de véhicules roulent en tous sens, on pourrait presque palper les gazs d'échappement dans l'air et les klaxons fusent de toutes parts. Rouler dans Chennai ressemble à rouler dans Jakarta. Ce qui surprend, cependant, c'est combien la circulation est animée malgré l'heure tardive. Après tout, il est une heure du matin passée. Sur les bords de la route se trouvent des gens, des chiens,et des vaches qui, à défaut d'être sacrées, sont sacrément nonchalentes. Un groupe de femmes puise de l'eau. Un peu plus loin encore, nous devons ralentir pour laisser une procession passer. On entend des bruits de tambours et de clochettes et des gens font la marche. Enfin, après quelque chose comme une demi-heure ou trois quart d'heure de route, nous parvenons à la maison de passage. C'est une vaste habitation confortable. Je m'imagine y passer le reste de la nuit. Un gardien nous ouvre la cloture, nous entrons et puis je peux descendre mes bagages. Le chauffeur m'indique ma chambre. J'ai beau essayer de lui demander ce que sera la suite des événements, nous n'arrivons pas à nous comprendre. J'imagine bien que je doive prendre le train le lendemain, mais j'ignore à quelle heure. De toutes façons, on saura bien m'indiquer la suite du programme en temps et lieu. Pour l'instant c'est le temps de dormir et mon chauffeur me laisse congé, non sans m'avoir indiqué ma chambre et y avoir démarré l'air climatisé. Seul, étendu sur mon lit, je lis encore un peu avant de m'endormir profondément. Le lendemain matin, je me retrouve à table, en compagnie d'Alain, un collègue de la Syrie. Nous prenons le petit déjeuner et discutons de ce qu'il nous est arrivé à chacun depuis notre dernière rencontre. Après un petit tour dans le quartier, je retourne ensuite au lit pour siester encore et continuer ma lecture. Il n'y a pour ainsi dire rien à faire d'autre que d'attendre. Je dois prendre le train en fin d'après-midi seulement. Au déjeuner, une nouvelle personne s'ajoute à nous; Camille, une jemme femme qui s'occuppe de la maison et gère les affaires de CGG à Chennai. Nous discutons de choses et d'autres et puis je retourne faire la sieste avant de préparer mes affaires pour prendre le train en début de soirée. Un nouveau chauffeur m'enmène cette fois à la gare centrale ferrovaire. Il nous faudra traverser toute la ville. Comme il fait clair cette fois, le trajet ne manque pas de scènes à croquer du regard. Ce qui surprend, c'est la quantité de gens. Si l'Inde est la plus grande démocratie au monde, il y a de quoi se demander comment diable les autorités font pour maintenir la liste électorale à jour. Des gens à pied, des gens à vélo, des gens en moto, des gens en tuk-tuk, ces genres de petites motos à trois roues munies d'une cabine, des gens en automobile, en autobus, des gens partout, qui grouillent de partout. Sur certaines petites motos, on compte jusqu'à trois passagers. Plus le chauffeur, bien sûr. Nous croisons quelques temples hindous, une église catholique. Nous longeons une longue plage qui grouille encore de personnes. Après une heure de ce trajet, enfin, nous arrivons à la gare centrale. Le chauffeur me laisse sur un trottoir et m'indique de l'attendre le temps qu'il aille stationner la camionnette. Cette petite attente me donne l'occasion de faire un bain de foule seul. On me dévisage. Quelques minutes plus tard, le chauffeur revient, prend mon sac de la main et m'entraine dans la gare. Des gens sont assis en cercle sur le plancher et attendent sans doute là leur prochain train. Nous traversons une grande salle et passons sous une enseigne lumineuse avant de rejoindre la zone des quais. Cela me change de la gare de Lyon et des TGV. La place est vraiment sombre. Nous parvenons au bon train et suivons un quai qui n'en semble plus finir. Je jette un coup d'oeil aux wagons juste à coté. Ca n'a pas l'air du moyen de transport le plus confortable auquel on peut penser. Les gens y sont entassés d'une façon telle qu'un peu plus et on croirait une bétaillère. Les barreaux et l'absence de carreaux vitrés, il est vrai, doivent raviver cette impression. Enfin, après deux ou trois minutes de marche, nous parvenons, j'imagine, à ce qui doit être la première classe. On trouve là des wagons de couchettes. Etant donné que le trajet durera quelque douze heures, il fera du bien de pouvoir s'étendre. Nous montons dans un wagon et trouvons la place qui m'est réservée. Le chauffeur me donne congé et s'en retourne. Le contrôleur me trouve et m'explique d'abord que ma place se trouve dans le compartiment voisin. Je déplace mes affaires et me retrouve en compagnie de trois autres voyageurs, trois hommes, qui comme moi, voyagent seuls. Je place mon sac à dos sous le siège et conserve auprès de moi mon sac de voyage. Une lumière blafarde arrive juste à éclairer mon livre. J'arrive tout de même à lire et ne suis dérangé en fait que par un cafard qui distrait mon attention en extrayant mon regard de ma lecture. Je retourne à ma lecture aussitôt pour me faire distraire encore une fois par quelque chose, sur le plancher, qui retient encore mon coup d'oeil. Une petite ombre, tout de même plus grosse que celle du cafard, éveille ma curiosité. Elle disparait avant que je n'ai pu l'identifier. Ce manège reprend une ou deux fois et enfin, je comprend que c'est une petite souris qui se promène sur le plancher entre nos pieds. Peint au mur, un avertissement attise la méfiance: "Please do not accept biscuits, sweets, any food items which may contain harmful drugs intoxican from strangers who maks (sic) unconsious (sic) and rob valuable belongings". Il se trouve quelques fautes, mais je comprend le message néanmoins. Le train part enfin. Il fait déjà nuit et l'on n'y voit presque rien. De toutes façons, les carreaux de notre fenêtres sont si sales qu'on aurait de toutes façons bien peine à examiner le paysage extérieur. Je grimpe sur ma couchette, à l'étage supérieur, étend mes draps et continue quelque temps ma lecture, confortablement étendu et bercé par le roulis du train. Je ne me serai réveillé qu'une ou deux fois au cours de la nuit. Enfin, six heures trente à ma montre marqua le temps de préparer mes affaires. Tanuku, la ville où l'on m'a dit de descendre, doit se trouver toute près. Un beau soleil vient de se lever et fait évaporer une brume qui s'élève au dessus de vertes rizières. De hauts palmiers complètent le tableau. Enfin, le train ralentit. Nous sommes à Tanuku. Je descends sur le quai avec mon sac à dos et aussitôt, quelqu'un m'accueille. Le chauffeur est ponctuel à son rendez-vous. Il prend mon sac à dos et je le suis tout au long du quai. Au détour de la gare, nous rejoignons l'automobile stationnée. Une petite fille nous demande la charité. Quelque chose comme deux heures de route nous sépare d'Amalapuram, terme de mon voyage et lieu de la mission. Ce trajet a beau se faire en campagne, nous ne pourrons jamais couvrir un seul kilomètre sans croiser de gens qui vont leur chemin, tantôt à pied, tantôt en vélo. Nous dépassons toute une suite de vélos conduit par de jeunes hommes et identiquement chargés de quatre régiments de bananes. Deux sont accrochés en porte-à-faux devant et deux autres derrière. Nous aurons l'occasion de voir des temples. Les divinités représentées ont l'air fort complexes. A comparé aux autres religions, on pourrait en effet dire, en voyant ces représentations, pourquoi faire simple quand il est si facile de faire compliqué. Je reconnais Gannesh, celui à la tête d'éléphant. Quand aux autres personnages, il me faudra me documenter un peu avant de pouvoir tous les reconnaître. Enfin, après quelques kilomètres supplémentaires le long de canaux d'irrigation, nous entrons dans Amalapuram, terme du voyage. On dirait un gros village. Ca y est. Après le voyage, je suis de retour au travail. | |||||
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