Arrivée de l'hiver sur notre mission sismique au Kazakhstan, en novembre 1994.

Arrivée de l'hiver au Kazakstan

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Arrivée de l'hiver sur notre mission sismique au Kazakhstan, en novembre 1994.

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Arrivée de l'hiver dans la steppe Kazakhe. Le climat est sec, continental. Il fait froid mais les chutes de naige sont faibles.

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Le fiston du voisinage, sur un chameau.

-18 Celsius. C'est la matinée la plus fraîche de ce mois de novembre. L'hiver approche donc à grands pas et il ressemble aux hivers canadiens auxquels je suis habitué.

Et ce -18 degrés est plus dérangeant qu'on ne l'imagine. Il est arrivé sur la mission avant le stock de diesel de grand froid que nous attendons. Conséquence: le carburant fige avant d'alimenter les moteurs. Les filtres se colmatent et c'est la panne. A quatre heures ce matin, le groupe électrogène s'est arrêté et Jean-Luc a dû intervenir pour le remettre en route. La température a eu le temps de descendre dans les roulottes. Et en ce moment, je porte mon manteau d'hiver dans le bureau Géovecteur. Il fait froid et mon cerveau est comme le cristal liquide de mon ordinateur ce matin: lent à s'éclairer. Entre deux paragraphes, je réchauffe mes mains sur la chauferette électrique tout en recherchant des idées.

La radio se charge de m'en fournir. J'apprends que les camions russes ont fait comme le groupe électrogène. IIs ont pu démarrer, mais tous se sont arrêtés avant de pouvoir rejoindre le labo. Il faudra attendre que le soleil puisse rechauffer le tout avant de poursuivre le travail. Aujourd'hui, on dirait que nous perdons la bataille du froid. Nous sommes bien armés pour faire face à la guerre cependant et cette journée a au moins le mérite de nous rappeler de ne rien prendre à la légère. Chauffage et isolation sont et resteront roi et reine sur notre mission.

C'est là une partie du double défi auquel nous faisons face. L'autre partie, c'est la formation du personnel. Au labo, à la topo, au bureau Géovecteur, nous devons également enseigner en plus de faire notre travail habituel. Il en résulte une somme de travail plus forte qu'à l'accoutumée, à tout le moins pour les premiers temps.

Mes deux stagiaires sont bilingues. Mais l'un parle russe et kazakh et l'autre parle russe et un peu d'allemand. Ca ne facilite pas les choses et des interprètes sont nécessaires. Dans l'ordre, nous commençons par les caractères du clavier, attaquons les clés Ctrl, Alt et Shift, passons bientôt à la souris, aux fenêtres, à Unix,.. C'est le cas de dire que nous commençons au bas de l'échelle. Mais nous grimpons sûrement. Les esprits sont travailleurs et les choses avancent.

Il faut dire que l'environnement est propice au travail. Nous sommes en pleine steppe, à 100 km au nord-ouest de la mer d'Aral. Le terrain est à peine ondulé et recouvert d'herbes. Il n'y a aucun arbre. La meilleure distraction ici, c'est le travail. Mais le territoire présente quand même quelques curiosités. Des troupeaux de cheveaux errent dans la steppe. On retrouve aussi des boeufs, des moutons ainsi que quelques chameaux. Bien sûr, la présence de ces troupeaux suppose aussi que leurs propriétaires ne doivent pas être très loin. Et comme de fait, ça et là, on trouve une maison ou une petite ferme. C'est ainsi que nous faisons parfois la rencontre des gens du pays, au hasard des pistes et des mouvements de troupeaux. Il y a quelque temps, le plus jeune des membres de la famille voisine est venu rendre visite à la mission sur son chameau, accompagné de son père.

En fait, les prospecteurs s'accordent pour dire que les choses sont différentes ici. Le grand point commun reste sans doute les histoires que nous nous racontons le soir après la journée de travail. lci aussi, la bonne humeur et l'humour viennent agrémenter nos journées. Pour certains, cela rappelle la Chine. Pour tout le monde, cela fait encore de nouvelles histoires et une nouvelle expérience.

Ecrit au Kazakhstan, en novembre 1994.

 

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