Trois belles journées de randonnée à ski en solitaire

Réservoir Gouin 2005

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Trois belles journées de randonnée à ski en solitaire

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Le réservoir Gouin se situe au centre du Québec Sud, en Haute-Mauricie, en une région plutôt sauvage et à l'accès relativement difficile. En hiver, seule la ligne de chemin de fer Montréal-Sennter permet d'y accéder.

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Le trajet que je vise consiste simplement en une boucle de 75 kilomètres. A partir d'Oskelanéo, sur la ligne de chemin de fer, une vingtaine de kilomètres m'amèneront au réservoir. De là, une boucle me ramènera vers la riviere et enfin, je reviendrai de là au chemin de fer reprendre le train.

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Skis, bâtons, bottes, vêtements, tente, traineau, nourriture, poêle, essence, cartes, téléphone, GPS, gamelles, sacs, matelas, tout y est. Il s'agit de ne rien oublier.

Jour 1: 22 février (Départ de Québec) : Ça y est, je me suis décidé pour une randonnée à ski en solitaire. Bon, ce nouvel objectif de 70 kilomètres est bien modeste à comparer aux 200 que je voulais à l'origine faire en ralliant Labrador City depuis Schefferville. Cette courte affaire ne sera donc rien de bien surhumain à accomplir. Enfin, ce petit séjour me rendra disponible lors des prochaines vacances scolaires des enfants. Il sera aussi une bonne pratique et un excellent test de matériel ainsi que d'organisation. Pour les 200... Et bien c'est partie remise. Le vrai défi aura donc lieu l'an prochain.

C'est loin d'être ma première randonnée à skis hors piste. J'ai traversé le Parc Des Laurentides et celui de Mistassini. J'ai traversé le réservoir Gouin d'un bout à l'autre deux fois, dont une en solitaire et j'ai couvert le bassin supérieur de la Rivière Caniapiscau au centre du Québec, entre Gagnon et le barrage de Caniapiscau. Bref, mon expérience totalise environ 1000 kilomètres et une soixantaine de nuits sous la tente environ. Donc rien de bien nouveau ne se présente donc avec ce modeste projet.

Rien de bien nouveau, d'accord, mais ce genre d'exercice a tout de même sa part de défi et il n'est pas à prendre à la légère. L'écho de certaines réflexions de l'entourage se fait aussi entendre et entre les branches, je peux entendre que certains me trouvent étrange de désirer partir en voyage, seul, en ski, sous la tente, par des températures de moins vingt et moins. Si au Québec, nous passons pour de véritables coureurs de bois adaptés au froid, il reste néanmoins que cette race de coureurs de bois est, sinon éteinte, en grande voie d'extinction. La plupart des québécois sont en vérité plutôt frileux et ayant assez de l'hiver, ils paient volontiers des milliers de dollars pour s'en échapper quelques jours. Chacun ses goûts, après tout. De mon coté, je prends le nord, les grands espaces et la vie à la dure.

Bon, et à quoi ça sert de prendre le bois, tout seul en ski, et d'y dormir sous la tente? Euh,... Bon, ça, je l'accorde, ça ne sert sans doute pas à grand chose. Mais faire des efforts à réaliser quelque chose qui ne sert à rien doit bien nous préparer à fournir encore plus d'énergie lorsque viendra le temps de faire ce qui sert vraiment à quelque chose, non? Enfin, je ne chercherai pas trop loin. Moi, dormir sous les épinettes par moins vingt-cinq, c'est comme pour d'autres dormir sous les palmiers par plus vingt-cinq. Ca me repose du travail. Ca me donne de l'énergie et ça me ravigote le canadien.

Mes affaires sont prêtes; tente, traineau, skis, sac de couchage, sac à dos, nourriture, essence et le reste. Tout est soigneusement emballé et vérifié avant le départ. Et il se trouve du neuf par rapport à mon dernier séjour, accompli, il faut le dire, il y a déjà quinze ans.

D'abord, les repas du soir, achetés dans un magasin de plein-air, ont été précuisinés. Il n'y a qu'à rajouter de l'eau dans le sachet et attendre. Même plus de vaisselle à faire. J'ai hâte de faire l'essai de cette nouvelle méthode.

Ensuite, Ô luxe, après hésitation, j'ai décidé d'apporter ce nouveau récepteur GPS que je me suis procuré dernièrement. Sceptique quant à la durée de vie des piles et indéniablement partisan de la traditionnelle combinaison carte et boussole, il me faut tout de même faire l'essai de la nouvelle mode. C'est à essayer de nouvelles choses qu'on avance.

Enfin, et ce doit sans doute être le plus remarquable, j'apporte un téléphone satellite. Là aussi, je suis bien sceptique quand à la durée de vie des piles. Et avant toute chose, ce genre de joujou me parait être une arme à deux tranchants. Il doit rendre trop facile d'abandonner et de tuer dans l'oeuf un projet de randonnée par aileurs bien entamé. Au moindre découragement, stop, je n'en peux plus et hop, on prend le téléphone pour appeler un taxi. Je sais que si nous avions pu avoir en main pareil outil de communication jadis, bien de mes randonnées auraient tourné court. Enfin, selon le même principe que le GPS, je me dois d'essayer. Et surtout, la possibilité de pouvoir les rejoindre rassurera mes proches.

Enfin, une fois tous ces bagages prêts, il est temps de faire la première étape du voyage. Il s'agit ainsi de rallier Montréal et de retrouver là tantes Thérèse et Denise qui ont gentiement accepté de m'héberger afin que je puisse prendre de là le train tôt le lendemain matin.

Ouf. Skis, sac à dos et traineau composent un paquet de bagages qui compliquent passablement mon passage dans le métro de Montréal. C'est que la forêt sauvage se trouve encore loin devant et mon accoutrement est plus ou moins bien adapté à l'environnement urbain.

 

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