Cinq jours pour gagner notre autonomie à la voile

Cours de voile 2005

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Cinq jours pour gagner notre autonomie à la voile

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Alain explique à Chantal les manoeuvres qu'elle devra effectuer pour éloigner le voilier du quai et sortir ensuite de la marina.

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Alain explique comment tenir le cap de façon à ce que les voiles soient gonflées à l'optimale pour nous donner le maximum de traction.

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On vire. On borde l'écoute du genois. Chantal au travail sur le cabestan tribord.

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Le pistage de mon GPS montre qu'après quelque temps à la dérive pour installer nos voiles, le Juliana fera deux grandes bordées avant d'en faire de plus petites dans une zone plus abritée de courant et de démarrer le moteur pour rejoindre la marina de Sillery sur le coup de midi.

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La deuxième partie de la journée nous voit faire une série de bordées avant d'abbattre en vent arrière et revenir à la marina.

Jour 1: 10 juillet (Première lancée) :

Il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir, dirait-on. De plus, chose tout de même remarquable, la découverte dont il sera ici question semble intéresser autant Chantal que moi. Suffisamment tranquille pour permettre à Chantal de savourer et retrouver la marine de plaisance de son enfance et au moins autant prometteuse de défis pour me permettre d'imaginer un monde de nouveaux horizons à découvrir. C'est ainsi que nous abordons une semaine de cours à voile.

Notre professeur, Alain Fradette, Chantal l'a découvert par l'entremise de collègues de travail. Deux ballades avec lui à l'été 2004 nous aurons ainsi amenés à aborder la voile de façon plus sérieuse et à suivre en ce juillet 2005, cinq jours de cours.

La première journée, nous rejoignons Alain tôt à la marina de Lévis et prenons là le petit déjeuner en discutant, tous acheteurs potentiels que nous sommes, de caractéristiques de voiliers. Vers neuf heures, Brigitte et Georges, nos collègues étudiants, nous rejoignent. Le cours commence réellement là.

Ca me rapelle lorsque je donnais des cours d'escalade et d'alpinisme, sauf que cette fois, c'est moi qui dois ouvrir les oreilles. Et là, je me dis qu'Alain mène bien son affaire. Dans le cockpit de son propre voilier, nous commençons par feuilleter les pages d'un petit cahier de cours qu'il nous donne. Nous apprenons d'abord les différentes parties du voilier. Une heure plus tard, nous nous préparons à appareiller. Je regarde tout ça d'un oeil beaucoup plus attentif maintenant. Bientôt, il faudra se débrouiller seuls.

Les voiles sont prêtes et nous sortons enfin de la marina de Lévis. A quelque cinq cent mètres du bord environ, on monte les voiles. Et, oh-oh, le vent un peu fort nous amène à amoindrir encore notre surface de voile. C'est ainsi que nous prenons un ris supplémentaire. De la manoeuvre, de la manoeuvre. Mais on est venu pour apprendre ça, alors c'est super.

Le vent ouest-sud-ouest et le fort courant compliquent la remontée du fleuve. Genois et grand-voiles gonflés, avec Chantal à la barre et Alain en skipper, Juliana nous mène après deux bordées de l'autre coté du fleuve, faire de plus courtes bordées en bord de rive, là où le courant est moins fort. Je remarquerai même que nos bordées auraient pu être plus courtes. Ainsi, dès que nous prenons le large un peu, à peine le Juliana arrive-t'il`à remonter le courant. Le passage d'un quai se révèle quelque peu difficile. Nous passons enfin et un peu plus loin, Alain nous fait affaler les voiles. On met le moteur en route et rejoignons la marina pour le gouter du midi.

Chose sans doute dommage, Brigitte et Georges nous laisseront là terminer la journée seuls avec Alain. En effet, le fort vent de la matinée et quelques creux d'un bon mètre n'ont pas trop arrangé l'estomac de Brigitte. La nausée s'étant faite proche, par mesure de sécurité, celle-ci a choisi de prendre les choses à la calme; on reprendra les choses lorsque le temps sera plus clément. Comme le dit Alain, c'est certainement plus sage. Il ne faut tout de même pas, dès le départ, se forcer à faire quelque chose dont nous ne sommes pas sûrs.

A partir de là, Chantal et moi sommes seuls avec Alain. Et il vente toujours autant. Nous remontons donc le fleuve, toujours au près, à la poursuite de Steve, un ancien élève d'Alain, seul à bord de son Mirage 26. De bordées en bordées, nous le rattrapons lentement. Alain nous montre comment faire pour laisser filer l'écoute d'un coté, virer et immédiatement border de l'autre coté.

L'affaire est grisante. J'aime ça. Ca fait forcer un peu et si on fait bien, on sent que le bateau ne perd pas de temps d'une bordée à l'autre. C'est ainsi, prime de plaisir supplémentaire, qu'on sent un esprit d'équipe entre le barreur et celui qui manoeuvre les écoutes.

Bientôt arrive le même phénomène qu'un peu plus tôt. Une pointe de terre qui s'avance dans le fleuve concentre le courant et celui-ci devenu plus fort complique sensiblement notre remontée. Nous filons bien de gauche à droite à vive allure, mais tout aussi rapide que nous semblons être, ne pouvons gagner de terrain.

L'ambiance est tout à fait grisante. Tout autour, des tas de voiliers bordent avec nous de babord à tribord et vice-versa.

Une plus longue bordée nous amène vers le centre du fleuve. Après ça, Alain suggère de retourner à la marina faire des manoeuvres au moteur entre les quais et nous pratiquer à amarrer le voilier.

Cette fois, entre les quais au beau milieu de la marina, c'est moi qui me trouve à la barre. Le voilier me suprend par son agilité. Trente pieds de long et voilà que ça semble tourner dans à peine plus long. Le batiment tourne littéralement autour de son mat. En effet, alors qu'un bateau à moteur amorce une courbe à la façon d'une automobile, le voilier se trouve pour ainsi dire fixé sur place par sa grande quille centrale.

Après une pratique d'amarrage, un nouveau départ, nous faisons le dernier et réel amarrage et la journée s'arrête là. Nous sommes bien satisfaits. J'ai la nette impression que je pourrais sortir le voilier d'Alain de la marina et y revenir, avec quelques erreurs sans doute, mais sans problème majeur. Ca me plait. Je suis satisfait.

 

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